05 juin 2007
La CGT révèle trois nouveaux suicides à PSA Mulhouse
Après un premier suicide en avril, trois autres salariés de l'usine Peugeot-Citroën de Mulhouse ont mis fin à leurs jours en mai. La CGT «tire la sonnette d'alarme».
Par AFP - LIBERATION.FR : lundi 4 juin 2007
Trois salariés de l’usine PSA Peugeot-Citroën de Mulhouse (Haut-Rhin) ont mis fin à leur jour dans le courant du mois de mai dernier, a révélé lundi la CGT, qui a fait part de son «inquiétude» et invoqué de «fortes pressions sur le lieu de travail».
Ces suicides font suite à celui d’un employé de 51 ans qui s’était pendu en avril dernier dans un local technique de l’unité mécanique du site mulhousien.
«On est très inquiets, on tire la sonnette d’alarme», explique Vincent Duse, secrétaire CGT. «En quinze jours, entre avril et mai, il y a eu quatre suicides de salariés», poursuit-il.
«Contrairement au premier, les trois autres (employés), qui appartenaient tous à l’atelier de ferrage, où on assemble les châssis bruts des véhicules, ne se sont pas suicidés dans l’usine», précise-t-il.
Selon Vincent Duse, l’un des trois a laissé une lettre pour dire qu’il avait un problème avec sa compagne, tandis que les deux autres n’ont pas donné d’explication.
Ces suicides sont «un traumatisme pour l’usine et nous pensons aux proches et aux amis» de ces personnes, a indiqué pour sa part un porte-parole de la direction.
«Nous sommes très concernés par la question et nous nous interrogeons sur les causes», a-t-il souligné, en indiquant que «les origines d’un suicide sont très complexes» et «que l’on ne peut pas préjuger de ce qui a été l’élément déclencheur (…) Un groupe de travail va se réunir dans le courant du mois», a-t-il encore expliqué.
Selon le délégué de la CGT, les salariés qui ont mis fin à leurs jours étaient «expérimentés, ils avaient entre 30 et 40 ans (…). Ils avaient des problèmes d’argent ou de santé, qui s’ajoutaient à la pression au travail, à l’ambiance pourrie sur le lieu de travail». Selon lui, «la pénibilité du travail favorise aussi les dépressions».
Dans cet atelier, une «trentaine d’employés» sont en dépression, a-t-il encore dénoncé, ajoutant que la direction «envoyait des lettres aux salariés en maladie afin de les culpabiliser», ce que la direction a formellement démenti.
Jean-Denis Bauer, délégué syndical FO, a pour sa part tempéré l’analyse de la CGT. «Ces trois personnes ne se sont pas suicidées dans l’entreprise, on n’a aucun document, aucune preuve qui mette en cause la direction», a-t-il notamment déclaré à l’AFP.
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