le blog de papakarlos

un blog sur ce qui fait que je suis moi

18 juin 2007

Le collectif contre les nouvelles centrales au charbon

Bernard Lelièvre nous indique qu'il vient d'apprendre la venue du PDG de POWEO au Havre pour défendre ses projets auprès d'un parterre d'auditeurs sélectionnés le :
mercredi 20 juin 18h à la CCI du Havre
nous serons présents afin d'affimer notre opposition,
en habits noirs et avec nos masques noirs.
rendez-vous à 17h45 avec les banderoles, côté tourniquet.
fichier joint à faire suivre.
Le collectif contre les nouvelles centrales au charbon

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04 juin 2007

Durée de travail et empreinte écologique

Des analyses réalisées par plusieurs ONG américaines et canadiennes laissent à penser que les pays où la durée moyenne du temps de travail est plus grande sont globalement plus polluants et que le manque de temps de loisirs induit des types de consommation et de divertissements qui entraînent des effets pervers en termes de développement durable.

Les actifs dont les journées sont plus longues ont une empreinte environnementale plus importante, par exemple en ayant davantage recours aux produits emballés et conditionnés (fast-food, eau en bouteille, etc.). Il est en outre fréquent, toujours selon les ONG, que les revenus supplémentaires résultant du surcroît d'activité soient dépensés de manière peu respectueuse de l'environnement.

Certains activistes sociaux américains et canadiens font le constat que, contrairement aux nations européennes qui ont réduit le temps de travail, les Etats-Unis ont fait le choix, à l'ouverture de l'ère de l'automatisation dans les années 1970, de mettre la main d'oeuvre en compétition avec les automates. Ce choix aurait mécaniquement provoqué la chute des salaires et l'augmentation conjointe des heures travaillées pour maintenir les revenus.

Une campagne, "Take Back Your Time" est actuellement lancée aux Etats-Unis. Elle appelle à une réglementation fédérale garantissant trois semaines de congés payés et espère en faire un thème de la campagne présidentielle à venir. Les Etats-Unis sont la seule nation industrielle qui n'offre aucune protection pour les congés. Un quart des travailleurs américains ne bénéficie d'aucun congé payé.

Les Etats-Unis, où la durée annuelle du travail excède de 5 semaines celle du Royaume-Uni et de 12,5 semaines celle de l'Allemagne, représentent 22% de la consommation mondiale d'énergies fossiles et produisent 50% des déchets solides du monde. Selon certains scientifiques, il faut voir dans ces chiffres des indicateurs du prix environnemental à payer pour une société où dynamique économique et bien-être sont trop souvent synonymes de consumérisme et de matérialisme. Aujourd'hui, un américain consomme 53 plus de biens qu'un chinois.


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23 mai 2007

Les USA refusent un appel du G8 à des négociations sur le climat

polution2Les Etats-Unis pèsent de tout leur poids pour que le sommet du G8, le mois prochain en Allemagne, n'appelle pas à la négociation urgente d'un nouvel accord international de lutte contre le réchauffement climatique.
L'actuel Protocole de Kyoto, que l'administration Bush n'a pas ratifié, arrive à échéance en 2012.
Dans une version de travail du communiqué final qui sera diffusé à l'issue du sommet de Heiligendamm, du 6 au 8 juin, Washington demande le retrait de toute référence à l'urgence de la crise climatique et à la nécessité de voir la conférence de Bali, qu'organisent en décembre les Nations unies, ouvrir des discussions sur un nouvel accord mondial.
D'après cette version, que Reuters a pu se procurer, le premier paragraphe que les Etats-Unis rejettent souligne: "Nous convenons avec force qu'une action internationale déterminée et concertée est de toute urgence nécessaire afin de réduire les émissions globales de gaz à effet de serre et préserver la base commune de la vie."
Le paragraphe suivant - "A cette fin, nous adresserons devant la Conférence de l'Onu sur le changement climatique de la fin de l'année un message clair sur le développement à venir du cadre international visant à combattre le changement climatique" - est également combattu par l'administration Bush.
Les Etats-Unis proposent que le communiqué final du G8 soit ainsi libellé: "Faire face au changement climatique est une question à long terme qui requerra une participation globale et une diversité des approches pour prendre en compte les situations différentes."
La convention de Bali réunira du 3 au 14 des ministres de l'Environnement. Londres et Berlin font campagne pour lancer à cette occasion les négociations du traité appelé à succéder au Protocole de Kyoto, qui engage les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L'idée serait d'intégrer d'autres pays à ces objectifs.
La plupart des références de ce projet de déclaration finale à des objectifs chiffrés et à des calendriers d'exécution sur la réduction des émissions de carbone se heurtent à des objections américaines.
Washington s'oppose ainsi à la volonté de la présidence allemande du G8 d'obtenir des pays les plus riches de la planète un engagement à réduire de 20% leur consommation d'énergie d'ici 2020 et d'accroître dans les mêmes proportions l'efficacité énergétique dans le transport et la production d'électricité.
L'administration Bush réfute aussi l'appel à des actions visant à limiter le réchauffement des températures moyennes d'ici la fin du siècle dans une fourchette de 2°C et à réduire d'ici 2050 les émissions de CO_ de 50% par rapport à 1990.
Pour Washington, la logique du Protocole de Kyoto, qui ne cible pas les économies émergentes type Chine ou Inde, est un suicide économique pour les pays industrialisés.

source: L’Express


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21 mai 2007

Environnement et santé publique pourquoi valoriser les huiles usagées ?

_20_fleurs_arbresEnvironnement et santé publique : La valorisation des huiles usagées serait un bienfait pour l’environnement et la santé publique. Diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans l’environnement, réduire les pollutions quelle qu’en soit leurs origines sont devenus des sujets de préoccupations de nombreux pays, et cela même si tous n’ont pas les mêmes priorités vis-à-vis de la préservation de l’environnement, au nom, plus ou moins avoué, de sacro-saints intérêts économiques.
Les impacts sur l’environnement et la santé des différentes pollutions sont étudiés et dénoncés par un nombre toujours croissant de scientifiques à travers le monde. En fonction de leur formation ou tout simplement de leur sensibilité, ces scientifiques accumulent faits et chiffres sur les dérèglements climatiques, sur la faune, la flore mais aussi sur la santé publique.
Notons que le focus a été particulièrement mis ces dernières années sur la pollution de l’air par les émissions de CO2 et de SO2 et autres gaz à effet de serre ; C’est ainsi que les carburants d’origine fossile ont été mis sur la sellette car ils seraient les premiers fautifs puisque très fortement utilisés dans la production de chauffage, d’essence, de gasoil, …
Grâce à la hausse des prix du pétrole et à l’augmentation des subventions gouvernementales pour les énergies alternatives, l’éthanol est devenu, au fil du temps, le biocarburant le plus en vogue, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Pour cette dernière, depuis la parution des directives européennes de 2003, les biocarburants peuvent être utilisés en mélange à hauteur de 5% de bio diesel dans le gasoil et de 5% d’éthanol dans l’essence. On assiste donc à une très forte demande d’éthanol dont les principaux fournisseurs actuels sont les Etats-Unis et le Brésil.
En y regardant de plus prés, ces biocarburants sont principalement issus du maïs, que l’on sait ne pas être exempt de reproches quant à ses impacts éthiques (ils sont à plus de 90% des OGM) sur l’environnement (gros consommateur d’eau) sur le système alimentaire de la planète (l’expansion du maïs se fait au détriment du blé, du riz et autres denrées moins lucratives pour les agriculteurs ce qui les rend plus chers).
Parmi les alternatives au maïs, il y en a une qui mérite toute notre attention, c’est celle des biocarburants fabriqués à partir d’huiles alimentaires usagées. Pourquoi ? parce que ces huiles retraitées vont servir à la fabrication de biocarburants moins polluants que les carburants d’origine fossile et donc contribuer à la préservation de notre environnement. Pourquoi encore ? parce que la valorisation de ces huiles évitera qu’on les jette à l’égout comme c’est encore très souvent le cas avec tous les impacts que l’on peut imaginer sur l’environnement et les coûts, supportés par la collectivité, de traitements des canalisations et stations d’épuration. Mais encore ?parce que la valorisation de ces huiles permet de financer en partie la recherche d’huiles alimentaires moins riches en acides gras responsables du mauvais cholestérol qui a des effets néfastes sur la santé (obésité, maladies cardio-vasculaires,…).
C’est le défi qu’ont relevé McDonald’s France et Sud Récupération : améliorer le profil nutritionnel des produits frits en diminuant considérablement leur teneur en acides gras et contribuer activement à la diminution des émissions des gaz à effet de serre en utilisant les huiles alimentaires usagées et retraitées dans la fabrication de biocarburants. McDonald’s France fournit quelques chiffres pour souligner l’intérêt de la démarche : Les huiles alimentaires utilisées jusqu’à présent dans les restaurants de l’enseigne contenaient 12% d’acides gras « trans » et 15% d’acides gras saturés, ce qui était déjà 2 à 3 fois moins élevé que dans les huiles de friture généralement utilisées.
Aujourd’hui, l’enseigne McDonald’s France utilise une variété d’huile à base d’un mélange d’huiles enrichi en oléique : 25% de colza oléique, 65% de tournesol oléique et 10% de colza classique non hydrogéné. Ce résultat permet de faire tomber le taux d’acides gras de son huile de cuisson à 2% d’acides gras « trans » et 10% d’acides gras saturés. Voilà pour la santé public !
Du côté de l’environnement, la quantité d’huile alimentaire utilisée en France est d’environ 71.600 tonnes par an dont 17.000 tonnes pour les besoins de l’enseigne ; Sur cette quantité seules 25 à 26.000 tonnes sont récupérées, le reste est tout simplement jeté à l’égout, étonnant quand on sait que la loi sur l’environnement du 13 juillet 1992 prévoit pour les contrevenants une amende pouvant aller jusqu’à 75.000 € assortie de 5 ans d’emprisonnement ; L’explication vient peut être du déficit économique actuel de l’opération : une tonne d’huile alimentaire usagée collectée et traitée coûte 600 € et sa valorisation ne se fait qu’à hauteur de 300 € la tonne soit une charge de 30 € supportée par le restaurant.
Enfin pour ce qui est du biocarburant : Sud Récupération a ainsi traité 9000 tonnes d’huiles alimentaires usagées en 2006 pour une capacité de 17.000 tonnes. Pour 9000 tonnes d’huiles usagées entrant ce sont 6700 tonnes sortant d’huiles prêtes à être traitées pour la fabrication de biocarburants (norme EN 142214). Soulignons que les restaurants McDonald’s demeurent propriétaires de leurs huiles jusqu’à leur destination finale (usine Vital à Dusseldorf en Allemagne), grâce au système de traçabilité mis en place dès 2001 pour s’assurer que ses huiles soient recyclées dans une filière distincte de celle de l’alimentation animale.
Reste deux interrogations : Les Etats-Unis assurent 40% de la production mondiale de maïs et sont, avec le Brésil, les principaux producteurs de bio éthanol. Une solution alternative telle que la valorisation des huiles alimentaires usagées, même si elle représente encore faible en tonnage, ne sera-t-elle pas perçu à terme par les Etats-Unis comme une menace ?
Selon Mark Rosengrant, directeur à l’International Food Policy Research Institute, le prix des graines oléagineuses devrait augmenter de 26% d’ici 2010 et de 76% d’ici 2020 ; quid des conséquences humanitaires en particulier pour les pays pauvres pour qui une augmentation des prix des denrées alimentaires de base pourrait avoir un effet dévastateur ?


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14 mai 2007

Vue de l'espace, la Terre fait peur

25 avril 2007 - 08:57

image002Les images d' Envisat montrent notamment le recul des glaciers d'Islande. (ESA)
Réchauffement, fonte des glaces, pollutions, déforestation: les satellites d'observation voient tout. Envisat, le plus gros d'entre eux, est au centre d'un symposium mondial à Montreux.
Jusqu'à vendredi, plus de 1000 chercheurs y confronteront leurs résultats et leurs hypothèses. Et même si les scientifiques se méfient des certitudes, leurs constats font déjà peur.
Enivsat, c'est la Rolls des satellites environnementaux. Lancé il y a cinq ans par l'Agence spatiale européenne (ESA), ce monstre de huit tonnes et demie est le plus performant de son espèce, grâce à dix instruments d'observation, capables de livrer 78 types de mesures différentes.

Température des océans, faune et courants marins, inondations, déforestation, relief terrestre, humidité du sol, pollutions diverses, marées noires, trou d'ozone, fonte des glaces, ouragans, tremblements de terre, éruption volcaniques: rien n'échappe à ses yeux d'aigle.

Périodiquement, les scientifiques qui travaillent sur les montagnes de données que livre le satellite se retrouvent pour faire le point. Depuis lundi, ils sont pour cinq jours à Montreux, dans le cadre idyllique de la Riviera vaudoise.
L'heure est grave
Rien d'idyllique pourtant dans les communications présentées à l'ouverture de ce symposium Envisat 2007. On y retrouve à peu près tous les thèmes du récent rapport du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, présenté à Paris début février.

«Pour la première fois de son histoire, le Conseil de sécurité des Nations Unies a débattu la semaine dernière du réchauffement climatique», rappelle Volker Liebig, directeur des programmes d'observation de la Terre de l'ESA. Histoire de bien situer l'importance des enjeux.

«La question n'est plus de savoir si les glaces fondent, mais à quelle vitesse elles fondent», enchaîne Eric Rignot, du Jet propulsion laboratory, l'«usine à fusées» de la NASA, fort de plusieurs études sur le recul des calottes polaires. Lesquelles montrent notamment que même l'Antarctique perd ses glaces. Jusqu'à 150 milliards de tonnes par année !
«Simplement affreux»
Ailleurs, les cartes des pollutions atmosphériques laissent voir d'immenses taches rouge vif. Ce sont les concentrations de dioxydes d'azote et de soufre sur les régions du «miracle chinois», dont la croissance à deux chiffres enthousiasme si fort les investisseurs.

Plus inattendus, les records mondiaux de monoxyde de carbone reviennent à l'Afrique de l'Ouest, et à l'Amazonie. Ici, pourtant, pas d'industrialisation ni d'urbanisation au pas de charge. On se contente de brûler des forêts...

Sans oublier la déchirure de la couche d'ozone, qui a atteint l'année dernière sa plus grande extension. «Les médias n'en parlent plus, alors on croit que le problème n'existe plus, s'exclame John Burrows de l'Université de Brême. Mais il est bien réel et ce qu'Envisat nous montre est simplement affreux».

«Mon exposé vous a fait peur ? C'est normal, il y a effectivement de bonnes raisons d'avoir peur...», confie ce chercheur britannique exilé en Allemagne. John Burrows admet d'ailleurs qu'en tant que citoyen, il irait volontiers secouer un peu le monde politique.

Plus tôt dans la journée, même la présentation de l'Office fédéral de la topographie – grand consommateur de données satellite – avait pris un petit côté apocalyptique.

Pour illustrer son propos, son directeur Jean-Philippe Amstein avait choisi des images d'ouragans, de glissements de terrain, d'avalanches, d'inondations, de recul des glaciers ou de grignotage de la forêt par les constructions. Des images qui mieux qu'un long discours disent ces maux dont souffre la Terre et qu'Envisat observe sans relâche.

Envisat croise à 800 kilomètres de la Terre, dont il fait le tour en un peu plus d'une heure et demie. (ESA)
La planète entière
Des maux dont il devient évident que l'homme en est le premier responsable. «On a de plus en plus de certitudes sur ce qu'on voit et sur ce que ça signifie», confirme Eric Rignot.

Même si, à l'instar de ses collègues, il veut encore affiner des modèles théoriques souvent dépassés par la réalité, le chercheur admet que bien des choses sont aujourd'hui nettement plus claires qu'elles l'étaient il y a seulement quatre ou cinq ans.

Et elles devraient l'être encore plus dans un avenir proche. Le programme global de surveillance de l'environnement de l'ESA prévoit en effet de lancer ces prochaines années au moins sept satellites qui viendront épauler Envisat.

En attendant, Eric Rignot ne peut que se réjouir de la prise de conscience qu'il observe depuis un an ou deux, autant au niveau de l'opinion qu'à celui des politiques.

«Le changement climatique, ce n'est plus quelque chose qui appartient à l'académie, c'est quelque chose qui nous concerne tous. Pas seulement certains pays, mais la planète tout entière», conclut ce scientifique français exilé aux Etats-Unis.

swissinfo, Marc-André Miserez


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11 mai 2007

Santé au travail : l’OMS alerte sur les risques professionnels

Suite à la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, célébrée le 28 avril à travers le monde, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte l’opinion : des millions de travailleurs risquent d’être atteints de cancers liés à leurs lieux et leurs conditions de travail, alors que les risques de cancers professionnels peuvent être évités. Aujourd’hui, 200 000 personnes meurent d’un cancer professionnel chaque année. Par exemple, un cancer du poumon sur dix est d’origine professionnelle, c’est-à-dire étroitement lié aux risques encourus sur les lieux de travail.
Selon les conditions de travail, le type d’activité exercée et les matériaux, plusieurs cancers professionnels arrivent en tête de liste : les cancers du poumons, de la vessie ou de la plèvre (appelé aussi mésothéliome) surviennent lors de l’ inhalation de fibres d’amiante et de la respiration de la fumée de tabac. Pour ceux exposés au benzène, c’est la leucémie qui frappe le plus fréquemment.
Selon le rapport du Bureau international du travail (BIT), environ 160 millions d’autres souffrent de maladies liées à leur profession.
Selon le Docteur Maria Neira, « la tragédie des cancers professionnels provoqués par l’amiante, le benzène et d’autres substances cancérigènes réside dans le fait que les recherches scientifiques mettent tant de temps à se traduire en mesures de protection ».
Directeur à l’OMS de la santé publique et de l’environnement, elle précise dans un communiqué publié vendredi à Genève que « des expositions connues et évitables sont clairement responsables de centaines de milliers de cas supplémentaires de cancer chaque année. Dans l’intérêt de la protection de notre santé, nous devons adopter une approche de prévention primaire, c’est-à-dire débarrasser les lieux de travail des risques cancérigènes ».
L’OMS précise qu’ « environ 125 millions de travailleurs à travers le monde sont exposés à l’amiante sur leur lieu de travail et au moins 90 000 meurent chaque année de maladies liées à l’amiante. Des dizaines de milliers d’autres meurent de leucémie causée par l’exposition au benzène, un solvant organique très utilisé par les ouvriers, notamment dans les industries de la chimie et du diamant ».
De plus, les niveaux d’exposition aux cancers professionnels pour les travailleurs sont fonction de leurs lieux de travail et de l’existence et de l’application de normes en matière de sécurité et de protection de la santé. Ainsi, un lieu de travail ne possédant pas les infrastructures techniques pour éviter une pollution de l’air, exposera passivement ses travailleurs à un risque potentiel de cancer du poumon.
Les cancers professionnels peuvent être cartographiés : les décès résultant de maladies professionnelles se situent majoritairement dans les pays développés. Toutefois, certaines méthodes de production et l’utilisation de certains matériaux ou substances cancérigènes désormais interdites ou extrêmement contrôlés dans les pays développés (amiante chrysotile, pesticides, etc.) migrent vers les pays n’exigeant pas des normes d’hygiène du travail aussi sévères. Ainsi, « si l’utilisation incontrôlée de substances cancérigènes se poursuit dans les pays en développement, il faut s’attendre à une augmentation sensible des cancers professionnels au cours des prochaines décennies », alerte l’OMS.
« La tragédie des cancers professionnels provoqués par l’amiante, le benzène et d’autres substances cancérogènes réside dans le fait que la science met tant de temps à se traduire en mesures de protection », a déclaré le Dr Maria Neira.
Pour sa part, le Docteur Andreas Ullrich, responsable à l’OMS de la lutte contre le cancer, informe que "le contrôle des substances cancérogènes sur les lieux de travail doit constituer un élément clé de tout programme national de lutte contre le cancer".
La prévention des cancers professionnels réside alors dans l’application des normes d’hygiène et de sécurité par les gouvernements et l’industrie mais aussi l’absence de toute substance dangereuse pour la santé des travailleurs : certaines mesures sont recommandées par l’OMS comme arrêter d’utiliser de l’amiante, introduire des solvants organiques dépourvus de benzène, promouvoir des technologies permettant de transformer le chrome cancérogène en une forme non cancérogène et fournir des vêtements de protection aux personnes qui travaillent au soleil.


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04 mai 2007

Réchauffement climatique : un risque accru de pandémies ?

moustique_1_le réchauffement climatique va-t-il, entre autres conséquences, modifier la répartition géographique des insectes servant de vecteurs à des maladies infectieuses ? Le paludisme pourrait-il réapparaître en Europe occidentale, d'où il a disparu au XXe siècle ? Dans les pays en développement, des régions jusque-là indemnes seront-elles touchées par ces maladies ?
Selon le récent rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), "les projections des changements climatiques affecteront probablement l'état de santé de millions de personnes, particulièrement celles à faible capacité d'adaptation". Parmi les mécanismes en cause, les experts pointent "la modification de la répartition spatiale de certains vecteurs de maladies infectieuses".
Jusqu'à l'épidémie de chikungunya qui a frappé en 2006 l'océan Indien, et notamment l'île de La Réunion, la renommée du moustique Aedes albopictus ne dépassait pas le cercle des entomologistes. Ceux-ci considéraient d'ailleurs qu'il n'était pas le meilleur vecteur des arbovirus - ensemble de virus transmis par des moustiques ou des tiques, comme le chikungunya. Avant 1980, A. albopictus était présent en Asie du Sud et du Sud-Est, au Japon et dans l'océan Indien. Depuis 1980, il s'est étendu à la Chine, à l'Océanie, au bassin méditerranéen - sud de la France compris -, en Afrique (Nigeria et Cameroun) et à une partie du continent américain, dont les Etats-Unis.
L'équipe de Didier Raoult (CHU La Timone, Marseille) indiquait, dans le New England Journal of Medicine du 22 février, qu'à l'image de l'émergence en 1999 du virus West Nile aux Etats-Unis, "le virus chikungunya pourrait s'établir dans n'importe laquelle des zones tropicales ou tempérées où A. albopictus est présent aujourd'hui, ou dans celle où il migre".
Simon Hales et ses collègues de la faculté de médecine de Wellington (Nouvelle-Zélande) ont réalisé une modélisation de la dengue, maladie virale transmise par un vecteur la plus répandue au monde, pour laquelle il n'existe ni traitement efficace, ni vaccin. En 1990, près de 30 % de la population mondiale vivaient dans une région où le risque de transmission de la dengue était de 50 %. En 2085, avec les modifications prévisibles touchant les populations et le climat, plus de la moitié des habitants de la planète, soit 5 à 6 milliards d'individus, seraient exposés au risque de dengue, contre 35 % si le climat ne se modifiait pas.
Depuis les années 1970, le paludisme s'est largement développé dans une grande ville comme Nairobi (Kenya), pourtant située à plus de 1 600 m d'altitude. A quoi faut-il attribuer cette extension vers des zones habituellement exemptes et dont les habitants ne sont que faiblement immunisés contre elle ? Est-elle imputable au réchauffement climatique ou à d'autres facteurs - insuffisance des campagnes de démoustication, apparition de moustiques résistant aux insecticides ou mouvements de population ? Toute la difficulté réside dans l'incapacité à différencier ces différents paramètres qui, de plus, ne s'excluent pas.
Jean-Pierre Besancenot, du Centre de recherches de climatologie à l'université de Bourgogne, écrivait en 2000 : "Si en 1990, 45 % de l'humanité vivaient dans des régions où sévit le paludisme, le taux pourrait atteindre 60 % dans un demi-siècle, du double fait de l'élargissement de la zone impaludée et de sa forte croissance démographique." En 2001, dans le Bulletin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), quatre experts passaient en revue l'impact du changement climatique sur les maladies à transmission vectorielle. Soulignant la différence entre les variations du climat au fil des saisons et l'évolution des tendances de fond, ils se gardaient de conclure hâtivement : "Alors que l'impact de la variabilité climatique sur les maladies à transmission vectorielle est relativement facile à déceler, il n'en est pas de même des modifications à long terme du climat, beaucoup plus lentes. Il est possible que les populations humaines s'adaptent à ces modifications pour en réduire l'impact. Par exemple, sur les hauts plateaux africains, le paludisme pourrait progressivement se stabiliser, ce qui conduirait à une diminution des épidémies."
Entomologiste médical et spécialiste de la dengue, Paul Reiter (Institut Pasteur, Paris) est plus sceptique que d'autres experts sur l'impact du changement climatique. Il ne le conteste pas, mais il regrette des "positions militantes". Il met en avant le fait que le virus ou le parasite, le vecteur et l'homme, sans oublier un éventuel réservoir animal, forment un système complexe où les interactions sont nombreuses et les équilibres instables. L'augmentation de la température peut avoir localement des effets paradoxaux : augmenter le taux de transmission de l'agent infectieux par son vecteur ou diminuer le taux de survie de ce vecteur.
Les divergences des experts n'empêchent pas qu'ils s'accordent sur le fait que l'ensemble des activités humaines a des répercussions sur les maladies infectieuses transmises par des vecteurs. Certaines par le biais du climat, ce dernier n'étant pas l'unique paramètre.

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 20.04.07.
LE MONDE

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30 avril 2007

Le Marché de la faim, le début de la fin ?

arton3284_216x300Le cinéaste autrichien Erwin Wagenhofer a détourné le slogan de la firme semencière Pioneer (“We feed the world”), titre original de son documentaire, pour lancer une virulente attaque contre les multinationales de l’agro-alimentaire qui mènent le monde à sa perte.

Sur le fond, Le Marché de la faim d’Erwin Wagenhofer ne dit rien de neuf. On sait depuis belle lurette que la richesse des pays du Nord n’est possible qu’en organisant le pillage des pays du Sud. En d’autres termes, notre très confortable train de vie est bâti sur la misère des peuples du Sud. Abondance et gaspillage chez les uns. Malnutrition et mauvais soins pour les autres.

850 millions de personnes sont gravement sous-alimentées sur Terre. Paradoxe édifiant, 70% de ces gens sont paysans... En 2006, le rapport mondial sur l’alimentation du FAO (Food and Agriculture Organisation) a montré que l’agriculture mondiale pouvait pourtant nourrir douze milliards de personnes. Donc le double de la population actuelle du globe. Cherchez l’erreur. La faim n’est donc pas une fatalité. Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, affirme sans détour qu’« un enfant qui meurt aujourd’hui de faim est en fait assassiné ».

Erwin Wagenhofer part de chez lui pour étayer sa brutale démonstration. Chaque jour, 20% à 25% des pains cuits dans les fours des grandes chaînes de boulangerie de Vienne sont jetés. C’est l’équivalent de ce qui est consommé à Graz, la deuxième ville d’Autriche. Une partie de ces « déchets » est donnée aux cochons, le reste est dirigé vers des incinérateurs d’ordures.

Les rouages de l’agrobusiness sont meurtriers, générateurs d’injustices sociales et de pollutions sans nom. Arrêt du réalisateur sur Almeria, en Espagne, où des serres s’étendent sur 35 000 hectares pour produire les fruits et les légumes vendus dans les supermarchés européens. Heu, c’est quoi cette boule rouge qui pousse dans de la laine de roche enrichie avec des substances nutritives ? Réponse : une tomate voyageuse sans saveur qui fait 3 000 kilomètres en camions pour arriver dans nos assiettes !

Virée au Brésil, l’un des géants agricoles, qui produit plus de 100 millions de tonnes de céréales par an pour nourrir des batteries de poulets chétifs en Europe. De ce fait, depuis 1975, la forêt amazonienne a perdu l’équivalent de la surface de la France et du Portugal pour développer des champs de soja qui ne profitent pas à la population locale. Sur 181 millions de Brésiliens, 44 millions sont gravement et en permanence sous-alimentés. Une situation totalement insupportable. Et puis faut-il vraiment détruire les forêts primitives d’Amérique du Sud (si indispensables à l’équilibre climatique planétaire déjà très malmené) pour alimenter nos élevages de volailles ?

Le film d’Erwin Wagenhofer est édifiant pour celles et ceux qui ignoraient encore les ravages de l’agriculture industrielle, les dangers des manipulations génétiques, le cynisme des multinationales de l’agroalimentaire, les enjeux des manipulations politiques et financières... Il ne s’agit pas que d’un film supplémentaire sur la « malbouffe ». Wagenhofer veut aussi mettre le doigt sur ce qui fonde la philosophie des adeptes de l’ultra-libéralisme. C’est quoi le libre échange vanté par les cohortes de politiciens véreux ? De quelle « liberté » parle-t-on quand elle concerne le club très fermé des groupes mondiaux qui nous empoisonnent et qui affament les pays pauvres en prétendant nourrir le monde ? Cette « liberté » ressemble en fait à la liberté du loup dans la bergerie...

Exemple avec l’interview de Peter Brabeck, PDG de Nestlé (leader mondial de l’eau en bouteille). Quand il dit « l’eau est une denrée alimentaire et, comme toute denrée, elle a une valeur marchande », nous sommes en droit de protester. Il est temps de stopper tous ces capitalistes prédateurs qui seront bientôt capables de nous vendre l’air que nous respirons.

Au cœur de l’horreur alimentaire, que deviennent le pêcheur de Concarneau, le cultivateur de maïs mexicain, le paysan sénégalais ? Sur 52 pays africains, 37 sont presque exclusivement agricoles. Grâce aux subventions et aux aides à l’exportation attribuées aux agriculteurs des pays du Nord, on vend sur les marchés africains des légumes et des fruits italiens, français, portugais ou espagnols à la moitié du prix des produits autochtones. Les familles africaines peuvent travailler nuits et jours, elles n’arriveront jamais à avoir le minimum vital. Ensuite, il ne faut pas s’étonner si des milliers de jeunes africains, réfugiés de la faim, risquent leur vie dans l’océan pour débarquer en Sicile ou aux Canaries.

Longtemps, les écologistes (au sens large) ont été étiquetés « utopistes » parce qu’ils remettaient en cause la société de consommation en proposant une société alternative solidaire, égalitaire, libertaire, respectueuse des hommes et de l’environnement. En fait, ces écologistes étaient et restent réalistes.

Aujourd’hui, les vrais utopistes sont les apôtres du libéralisme sauvage qui pensent qu’on peut continuer à vampiriser la nature sans menacer à brève échéance toute forme de vie sur Terre. Stop. Nous allons droit dans le mur.

Les humains doivent ouvrir les yeux et vivre autrement en changeant radicalement leurs comportements, en rééquilibrant les rapports Nord/Sud. Il ne s’agit même plus d’un débat idéologique, mais d’une nécessité absolue. Il va donc falloir choisir très rapidement entre deux voies. Laquelle choisirons-nous ici ? La décroissance ou la mort ?

Le Marché de la faim, documentaire d’Erwin Wagenhofer (1h36). Le site officiel du film : http://www.we-feed-the-world.fr/ Vous y trouverez des interviews, des liens et les dates de projections-débats animées par diverses associations, un dossier pédagogique préparé par Zéro de conduite…

En collaboration avec Max Annas, Erwin Wagenhofer sort également le livre Le Marché de la faim chez Actes Sud (192 pages). 20€.

On peut lire aussi le livre de Jean Ziegler, L’Empire de la honte, aux éditions Fayard (2005, 323 pages). 20€. C’est l’ouvrage qui a inspiré le film d’Erwin Wagenhofer.

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par Paco
source: http://www.lemague.net

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16 avril 2007

La difficile traque des médicaments et des hormones dans les eaux usées

LE MONDE | 04.04.07 | 15h05 • Mis à jour le 04.04.07 | 15h05

Les poissons de la Seine et du Rhône ou des têtards qui se féminisent, des souches résistantes aux antibiotiques qui apparaissent parmi les bactéries présentes dans les rivières : les milieux aquatiques sont le théâtre de bien étranges phénomènes (Le Monde du 28 mars 2003). Responsables désignés : certains micropolluants, rejetés par l'homme dans les eaux usées et que les stations d'épuration n'éliminent que partiellement.
C'est à ces substances, présentes en quantités infimes dans l'environnement, que s'intéresse le projet Amperes (Analyse de micropolluants prioritaires et émergents dans les rejets et les eaux superficielles), intégré dans l'accord de trois ans signé, mardi 3 avril, à la station d'épuration de Verneuil-Vernouillet (Yvelines), par Suez Environnement, branche du groupe Suez, et le Cemagref (Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement). Accord qui scellait un partenariat déjà ancien.
Le premier objectif du projet est de collecter des données sur la présence des micropolluants dans les eaux usées et à la sortie de vingt stations d'épuration. "On dispose actuellement de très peu de données, car ces études coûtent cher et qu'on ne sait pas toujours isoler ces substances quand elles sont présentes en très faibles quantités parmi les matières organiques que l'on trouve dans les eaux usées", explique Philippe Duchène, chef du département Milieux aquatiques au Cemagref.
Les micropolluants sont classés en deux catégories : les substances prioritaires - essentiellement des métaux, pesticides, dérivés du pétrole, détergents et solvants - dont la directive-cadre européenne sur l'eau, datant de 2000, prévoit que les émissions devront être réduites, voire pour certaines supprimées, d'ici à 2015 ; et les substances émergentes, qui échappent jusqu'à maintenant aux réglementations et aux programmes de surveillance des milieux aquatiques. Ces substances, en dehors de nouveaux produits pesticides, sont généralement issues de la consommation par l'homme de médicaments, contraceptifs et produits de beauté : il s'agit notamment d'hormones, de perturbateurs endocriniens et de composés pharmaceutiques, que l'on retrouve dans les eaux usées.
Le programme Amperes "vise également à évaluer l'efficacité des différents procédés d'épuration vis-à-vis de ces substances et à définir les actions à mettre en oeuvre pour les éliminer le plus efficacement possible", déclare Marina Coquery, du Cemagref, coordinatrice d'Amperes.
Le budget du projet est de 2,4 millions d'euros, dont un tiers financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR). Son échéance, fixée à 2009, correspond à la période à laquelle devra être défini par la France un plan d'action visant à atteindre l'objectif fixé par la directive européenne : parvenir en 2015 à un bon état écologique et chimique des eaux.

Gilles van Kote

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13 avril 2007

Le marché des droits d'émission de CO2 rate son entrée

LEMONDE.FR | 06.04.07 | 17h39 • Mis à jour le 06.04.07 | 18h38

La première étape du marché européen des droits d'émissions de gaz carbonique, qui s'achève en 2007, est "foutue", lâche avec dépit un proche collaborateur de Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement. "Il faut oublier cette première période", confirme, à Paris, Jean-François Conil-Lacoste, directeur général de Powernext, principale bourse d'échange de ces droits d'émissions.
Le constat fait désordre au moment où l'Europe tâche de convaincre le Japon et les Etats-Unis d'adopter un mécanisme qu'elle présente comme un des leviers essentiels de la lutte contre les émissions de gaz carbonique, le CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.

Sur ce marché, les firmes européennes de l'électricité, du papier, du ciment et de la sidérurgie qui émettent le plus de CO2 achètent leur droit à polluer aux usines les plus vertueuses. Avec l'aval de Bruxelles, chaque Etat membre de l'Union europénne définit des quotas d'émissions de CO2 pour quelque 9 000 usines au total. Celles qui dépassent leurs quotas sont censées acheter des "tonnes de CO2" à celles qui ne les ont pas atteints.

DÉGRINGOLADE DU PRIX DE LA TONNE DE CO2
Sauf qu'au cours de la première période d'existence de ce marché, de 2005 à 2007, le prix de la tonne de CO2 "a tendu vers zéro", concède le directeur général de Powernext. Après avoir atteint 22 euros en janvier 2006, la valeur de ce droit d'émission n'a cessé de dégringoler, et plafonne aujourd'hui aux alentours de 90 centimes. "A un tel prix, il est hélas plus rationnel pour un industriel de payer à un prix dérisoire le droit à émettre du CO2, plutôt que de consentir de lourds investissements afin de transformer son usine", juge un expert de la commission à l'environnement.
"C'est normal, s'excuse Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire européen à l'environnement, quand nous avons établi les quotas en 2004, les industriels ont transmis des évaluations exagérées de leurs émissions réelles." En 2006, d'après l'analyse de Powernext des données transmises par Bruxelles le 2 avril, les émissions finalement constatées ont été de 1,2 % inférieures aux quotas. Cela signifie que très peu d'usines ont émis plus que ce à quoi elles avaient droit.

Barbara Helfferich insiste : "Pour que ce marché ait un sens, il est nécessaire que les quotas soient sensiblement inférieurs aux émissions." La porte-parole reconnaît : "Ni les Etats ni la Commission n'ont sans doute été assez stricts." Même diagnostic du côté du directeur général de Powernext, qui se montre toutefois magnanime. "Il ne s'agit pas d'une question de lobbying industriel", rassure M. Conil-Lacoste. "C'est juste qu'avant 2005, personne n'avait jamais mesuré systématiquement les émissions des usines européennes. On a dû faire au doigt mouillé", assure-t-il.

Malgré leur manque d'expérience, quelques gouvernements ont su avoir le doigt sagace : trois Etats membres sur 27 (la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Slovénie) ont été capables d'établir des quotas inférieurs à leurs émissions. Au contraire, les usines françaises ont émis en 2006 un peu plus de 118 millions de tonnes de CO2, alors le gouvernement français avait autorisé un quota de 150 millions de tonnes.
"ON VERRA BIEN"
Pour la deuxième phase d'existence du marché d'échange des droits d'émission, qui commence en 2008 pour s'achever à la fin du protocole de Kyoto, en 2012, la Commission européenne a décidé d'être beaucoup plus sourcilleuse. La ministre de l'environnement française, Nelly Ollin, a dû faire un discret aller-retour à Bruxelles en hélicoptère pour tenter de convaincre Bruxelles de la bonne volonté de la France en matière de changement climatique, relevait Le Monde du 29 mars. En vain : sur les 18 plans nationaux d'allocation de quotas soumis jusqu'ici à Bruxelles, 15 ont été revus à la baisse, dont celui de Paris. Résultat, les droits d'émission sont inférieurs en moyenne de 9 % à ceux définis pour la période 2005–2007, selon Powernext : 1,59 million de tonnes de CO2, au lieu de 1,7 million de tonnes.
Il est déjà possible d'acquérir des droits d'émission pour cette deuxième période, sur des marchés à terme. La tonne de CO2 s'y négocie aux alentours de 15 euros, contre 0,80 euro aujourd'hui sur le marché au comptant. Une valeur plus élevée, qui permet Jean-François Conil-Lacoste de se dire optimiste pour la suite. Le directeur général de Powernext se refuse toutefois à dire s'il s'agit d'un prix suffisant pour que les industriels se mettent à investir dans des usines dégageant moins de gaz carbonique.
Il est permis d'en douter. Les nouveaux droits d'émission de la France pour la période 2008-2012 s'élèvent à 132,8 millions de tonnes de CO2 par an. Un quota supérieur de 12,5 % aux 118 millions de tonnes émises par les usines de l'Hexagone en 2006. Même si, d'ici à 2012, la croissance économique générera mécaniquement plus d'émissions, il n'est pas garanti que ces émissions approcheront cette fois les quotas, de manière à rendre le mécanisme du marché efficace, reconnaît M. Conil-Lacoste."On verra bien", convient le directeur général de Powernext.
En attendant, de nombreux secteurs économiques qui émettent des gaz à effet de serre ne sont tenus par aucun quota : les transports, l'agriculture et l'essentiel de l'industrie chimique, pour ne citer que les principaux.

Matthieu Auzanneau
   
   


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